Développer l’action des Kuna sur toute l’étendue de leur plage, longue de 5 kilomètres.

L’observation et l’expérience ont montré qu’il suffit d’un bidon ou une bouteille en plastique pour bloquer une tortue pendant des heures.

En effet le poids d’une tortue adulte (entre 6 et 12 ans pour certains individus)  varie entre 450 Kg et 800 kg avec des spécimens pouvant aller jusqu’à 950 kilos pour deux mètres de longueur. Ce sont des animaux aquatiques qui ne vont jamais sur terre sauf les femelles pour la ponte.

Les tortues Luth ne sont pas fidèles au point de revenir à la même plage de leur naissance, c’est plutôt une région qui les intéresse. Le choix d’une plage est très précis par ces qualités, ce qui élimine pas mal d’endroits dans ce littoral.

Pour être choisie comme un lieu de ponte, la plage doit remplir des critères très spécifiques.

En premier lieu, l’accès : la pente de la rive ne doit pas être trop inclinée ni trop plate sinon la tortue aurait du mal à entrer et sortir.

En deuxième lieu, la qualité du sable : le sable contrairement à la croyance commune, n’est pas inerte, il est en soi un biotope riche en nutriments. La composition du sable et le mélange avec la terre doit être idoine pour protéger les nids du dessèchement ou de trop d’humidité.

En troisième lieu, la sécurité : si les tortues sont dérangées durant la ponte, elles ne reviennent pas sur ces plages.

Les sites de pontes des tortues sont menacés en permanence par le tassement du sable, le recul de la végétation, l’éclairage public qui désoriente les femelles adultes comme les petits qui viennent d’éclore, mais aussi le vandalisme et le tourisme.

Il restent très peu de plages qui remplissent les conditions nécessaires à la venue des tortues. Beaucoup d’entre elles sont trop proches de la civilisation, faciles d’accès pour les humains et les animaux domestiques : les œufs n’ont aucune chance d’arriver à terme.

Les tortues luth ne s’approchent des côtes que pour pondre.

Un animal aquatique. Le milieu naturel dans lequel la tortue luth évolue, c’est l’eau. La tortue luth est une excellente nageuse doublée d’une remarquable plongeuse : des scientifiques l’ont plusieurs fois observée… à 1 300 m de profondeur!

Une nage optimisée par l’évolution. Comme toutes les espèces, la tortue luth a suivi les lois de l’évolution pour s’adapter à son milieu. La nature les a progressivement sélectionnées pour la nage en situation de plongée : la masse du corps des tortues immergées est comme “annulée” par l’équilibre hydrostatique.

Avancer sur terre : un effort. En dehors de l’eau, la tortue luth doit s’aider de ses nageoires pour avancer. Elle avance, rampe et glisse péniblement sur le sable au prix d’un effort colossal. L’espèce n’est pas préparée à la vie hors de l’eau. Elle craint notamment le dessèchement que provoquent la chaleur diurne et le soleil.

Un temps limité pour la ponte. Le temps que peut passer une tortue luth hors de l’eau est limité : C’est pourquoi la ponte se fait de nuit. On observe que le temps dont disposent les tortues luth pour la ponte est chronométré. La tortue passe environ une heure trente hors de l’eau pour chaque ponte. Cette durée leur permet de choisir le lieu, creuser le nid, effectuer la ponte, camoufler le nid et regagner l’eau. Pendant tout ce temps, les yeux de la tortue luth secrètent une substance gélatineuse qui lui permet de maintenir leur humidité tout en évacuant le surplus de sel.

Étendre l’action de nettoyage à toute la plage avec l’aide d’un âne ou un cheval.

Pour transporter les ordures mais aussi pour tracter un outil, il existe des manières écologiques et efficaces pour nettoyer les plages comme, par exemple, une grille adaptée à la plage et à la traction par un cheval, une grille munie des roues larges, qui s’enfoncent peu dans le sable et plus faciles à tracter.

Agrandir la capacité d’accueil du vivier pour recevoir les nids qui se trouvent en danger et loin du village. La translocation de nids éloignés se ferait plus facilement avec l’aide du cheval.

Aujourd’hui le travail s’avère presque impossible à cause de la distance, le poids et la fragilité des œufs ; avec une charrette, il deviendrait possible de charger et de ramener plus d’œufs dans l’enceinte du vivier.

Il reste un grand chantier: le recyclage des ordures ramassées. Pour l’instant, les ordures sont enfouies, c’est une solution d’urgence.

Un groupe de réflexion s’est mis en place et nous comptons depuis cette année avec l’aide extérieure d’une expertise de pratiques d’autres plages dans le monde.