Les Tortues marines

Les 8 espèces de Tortues marines connues dans les mers et les océans du Monde fréquentent les régions tropicales et, pour certaines, les régions tempérées. Actuellement, 5 espèces de Tortues marines sont connues en Méditerranée : 2 s’y reproduisent

(la Caouanne, Caretta caretta, et la Tortue verte, Chelonia mydas) et 3 y pénètrent par le Détroit de Gibraltar (Tortue luth, Dermochelys coriacea, Tortue Caret ou Tortue à écaille, Eretmochelys imbricata et Tortue de Kemp, Lepidochelys kempii).

Le groupe des tortues marines ne compte plus aujourd’hui que sept espèces. (La sous-espèce de tortue verte du Pacifique Chelonia mydas agassizii, est considérée par certains experts comme une espèce à part entière sous le nom de tortue noire, Chelonia agassizii) Cinq d’entre elles s’alimentent dans les eaux des Caraïbes (la tortue imbriquée, la tortue verte, la tortue
luth, la caouanne et la tortue olivâtre) et trois avec certitude utilisent les plages pour la reproduction. Cette forte diversité régionale résulte des conditions très favorables pour ces reptiles aux Caraïbes : eaux continuellement chaudes, nombreuses plages de sable, importante superficie des zones d’alimentation (herbiers sousmarins, récifs coralliens).

Chéloniidés
Les Tortues marines de la famille des Chéloniidés sont caractérisées par une carapace osseuse recouverte de plaques cornées (parfois appelées « écailles »).

Cette carapace est constituée de deux parties : la dossière dorsale et le plastron ventral. Le nombre de plaques de la dossière et de la tête, la morphologie des plaques du plastron constituent des critères d’identification.

Tortue Caouanne

Tortue verte

Tortue caret

Caouanne, Caretta caretta (Linnaeus, 1758)
La Caouanne est l’espèce la plus fréquente dans les eaux françaises de Méditerranée : 75 % du total des recensements (observations, captures accidentelles, échouages) et 90 % des individus identifiés. Elle est parfois victime des engins de pêche (chaluts, filets maillants, palangres, etc.).

Tortue verte ou Tortue franche, Chelonia mydas (Linnaeus, 1758)
La Tortue verte est relativement fréquente en Méditerranée orientale où elle se reproduit. Cette espèce est rare dans le bassin occidental et seulement 6 observations ont été signalées au large des côtes françaises de Méditerranée.

Tortue Caret (ou Tortue imbriquée), Eretmochelys imbricata (Linnaeus, 1766)
Chez la Tortue Caret (ou Tortue imbriquée), les plaques de la dossière se recouvrent comme les tuiles d’un toit, sauf chez les individus très âgés. À peine une demi-douzaine d’individus a été recensée en Méditerranée, dont 4 sur les côtes françaises.

Tortue de Kemp (ou Tortue de Ridley), Lepidochelys kempii (Garman, 1880)
La Tortue de Kemp est la plus petite des Tortues marines : 75 cm de longueur de carapace et un poids de 50 kg maximum. Comme chez la Tortue olivâtre, Lepidochelys olivacea (Eschscholtz, 1829), il y a un pore sur chacune des plaques inframarginales. Cette espèce se reproduit dans le Golfe du Mexique. Les juvéniles remontent le long des côtes des États-Unis et ensuite, emportées par le Gulf Stream et la Dérive Nord Atlantique, atteignent les côtes européennes et redescendent le long des côtes d’Afrique jusqu’au Sénégal. Quelques individus (on en connaît 4 actuellement) réussissent à pénétrer en Méditerranée par le Détroit de Gibraltar.

Tortue de Kempt

Dermochélyidés
Tortue luth (ou Tortue cuir), Dermochelys coriacea (Vandelli, 1761)
La Tortue luth est la plus impressionnante de toutes, avec une carapace pouvant atteindre près de 2 m de long et un poids avoisinant les 1 000 kg. Cette espèce est dépourvue d’écailles à l’âge adulte ; sa carapace est constituée de petits osselets imbriqués les uns les autres dans une épaisse couche de graisse et recouverts par une peau fine ayant l’aspect du cuir, d’où le nom qu’on lui donne parfois.
Elle est peu fréquente au large des côtes françaises de Méditerranée où l’on recense à peine 1 individu par an en moyenne.

La Tortue luth se nourrit en majorité de méduses ou d’autres coelentérés qu’elle peut aller rechercher jusqu’à 900 m de fond. Ce régime particulier la conduit à avaler des sacs en plastique qu’elle confond avec les méduses, ses proies préférées. Des occlusions intestinales provoquées par les sacs en plastique ont été diagnostiquées au cours de plusieurs autopsies. Dans les contenus stomacaux, on a également trouvé des poissons, des mollusques, des échinodermes, des crustacés…